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Les percussions afro-péruviennes

 

Les origines :

Les percussions afro-péruviennes proviennent de la communauté péruvienne d’origine africaine.

Cette communauté est encore peu connue en Europe.

Elle est née du commerce de l'esclavage d’Africains arrivés au Pérou, principalement aux alentours du XVIe siècle, pour remplacer la main d’œuvre indigène dans les mines d’or et d’argent.

L'altitude rendant les conditions de survie difficiles des esclaves, ceux–ci furent renvoyés par la suite dans les plantations de coton et de canne à sucre situées tout au long de la côte de l’Océan Pacifique.

Encore, actuellement cette communauté se trouve concentrée sur la côte du pays, à Lima et particulièrement à Chincha (environ 200km au sud de Lima), qui est un des foyers culturels les plus importants du pays.

Apparemment, les premières percussions sont les Cajones. Initialement, il s’agissait de caisses en bois destinés à la cueillette des fruits. (La traduction de caisse en Espagnol est cajon)

On en retrouvait donc beaucoup sur les plantations, le lieu de travail des esclaves.

Ces caisses percussives sont sûrement apparues à cause de l’interdiction de jouer les tambours. Les autorités ne se sont pas vraiment inquiétées car elles pensaient que ces caisses n’étaient pas de vrais tambours.

Les propriétaires des plantations, interdisaient aux esclaves des pratiquer leurs cultes religieux (dans lesquels les tambours avaient une grande importance) et bien entendu ils leur interdisaient de perpétuer leur culture musicale, dans le but d’éviter toutes formes de rébellion.

L’histoire des esclaves africains dans les Amériques a prouvé que ceux-ci ont toujours trouvé le moyen de garder leur traditions musicales et même de les assimiler aux autres influences locales et d’en faire la musique que nous écoutons, aujourd’hui, un peu partout dans le monde.

Le Cajon, cette simple caisse, a pourtant lui- même un ancêtre, sous la forme d’une courge évidée ouverte sur un de ses côtés (calebasse), le Checo, il était utilisée à l’époque coloniale comme unité de mesure du maïs.

Tous les ustensiles de la vie courante pouvaient, donc se transformer en instrument de musique.

(Chincha – Pérou)

 

 

 

 

 

La musique :

 

Le Cajon, cette simple boîte sur laquelle on s’assied en la percutant des mains, occupe une place principale dans la musique afro-péruvienne.

Parallèlement au Cajon, d’autres instruments se sont développés ou se sont rajoutés pour créer l’ensemble des percussions afro- péruviennes :

  • Cajita : Petite boîte à couvercle, dont on ouvre et ferme le clapet rythmiquement. Elle sert à maintenir le rythme en place, mais servait originellement de tronc pour la quête dans les églises.
  • Quijada : Os de mâchoire d’âne. Son rôle dans la musique est comparable au Reco-reco ou Guïro cubain. On retrouve actuellement des virtuoses de cet instrument qui en font des variations étonnantes.
  • Cloche : Une simple cloche de vache peut être utilisée. Elle apporte beaucoup de saveur au rythme et maintient le tempo.
  • Conga : Ce n’est pas, à proprement parlé, un instrument typiquement péruvien, mais les congas sont employées dans toute l’Amérique Latine. Le pattern rythmique et les couleurs de celles-ci complètent la rythmique du Cajon.
  • Bongo : Eux non plus, ne sont pas spécialement d’origine péruvienne. Ils sont employés en variations, pour agrémenter la rythmique de base.

Au fil des siècles, les danses et la musique qui sont intimement liées, pratiquées par les noirs telles que le Lundu ou même la Zaña et accompagnées par ces divers instruments de fortune, deviennent métissés au contact des cultures hispaniques et indiennes. Elles donneront naissances aux danses afro-péruviennes actuelles telles que la marinera, vals, zamacueca, inga, lando ou festejo au rythme du Cajon péruvien.

Les percussions afro-péruviennes contemporaines sont une polyrythmie impressionnante d’une variété d’instruments de percussions et sont les fruits d’une évolution constante.

On peut l’apprécier dans les musiques d’artistes tel que : Perú Negro, Chocolate, Eva Ayllon, Arturo Zambo Cavero et bien d’autres.

Dans les années ‘70, le guitariste flamenco, Paco de Lucia, lors d’une tournée en Amérique Latine, fut touché par la sonorité et le rythme du Cajon. Celui-ci l’introduit alors dans son flamenco et très rapidement le Cajon devint un instrument officiel du flamenco.

Le Cajon, avec ou sans timbre se retrouve maintenant dans tous styles musicaux tel que le jazz, la musique fusion, musique du monde, le funk, etc.

On peut aussi remarquer la présence du Cajon dans la musique afro-cubaine. Celui-ci à une forme trapézoïdale. Il est ouvert dans le bas et se joue, le plus souvent coincé entre les genoux. Il se joue principalement dans des rythmes de Rumba et Guarapachangeo .

 

Si vous souhaitez apprendre ces rythmes, cliquez ici.


Le reco-reco est un instrument de percussion brésilien de la famille des idiophones grattés ou raclés. C'est un instrument d'accompagnement musical rythmique.

Le güiro est un instrument de musique de percussion de la famille des idiophones, fréquent à Cuba et Porto Rico, constitué d'un racloir percé de trous dans lesquels on passe le pouce et le majeur pour le tenir.

Le pattern désigne un motif rythmique de base. Employé le plus souvent à propos des instruments percussifs, il peut être étendu à tout instrument pouvant jouer une partie rythmique (basse, piano, etc).